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Croire en la politique pour éviter les extrêmes

Un grand moment dans la vie d’une militante dans un parti politique est l’élection de ce qu’on appelle chez ECOLO (parti francophone écologique) le secrétariat fédéral (SF), ou dans des termes plus classiques, la co-présidence du parti au niveau fédéral (national). Alors ce soir, je vais à la présentation des différentes équipes candidates au SF. Ce genre d’évènement permet de réfléchir sur ce qui, un jour, nous a poussé à entrer dans ce parti politique et sur ce que représente notre engagement.

Il existe une multitude de manière de s’engager pour des causes et le fait d’être dans un parti politique a pour spécificité d’accepter les rapports de force, les enjeux de pouvoir et par conséquent de faire confiance au pouvoir. Pour ceux qui me connaissent, j’ai été plus proche à un certain moment de ce qu’on appelle le contre-pouvoir qui comme son nom l’indique est un pouvoir qui s’organise contre un pouvoir déjà établi.

Après quelques années de sympathie pour l’altermondialisme, j’ai réalisé que ces mouvements qui se veulent spontanés, populaires et démocratiques ne le sont souvent pas. Par exemple, lorsqu’une animation de réunion n’est pas préparée où est laissée à une bonne volonté du moment, en réalité, ceux qui parlent et prennent le dessus sont toujours ceux qui crient le plus fort. Ou alors, à force d’être obsédée par le pouvoir en place, la rhétorique utilisée se transforme en une véritable logique de chasseurs.

En reprenant l’exemple de l’altermondialisme, l’idée de base est que le monde est dominé de manière insidieuse par le pouvoir économique sous sa forme néo-libérale, source de mal-être de tout genre. D’où la ‘politique’ trompeuse et trompée qui accompagne cette logique économique car elle renforcerait ce mal-être généralisé pour le bien être d’une minorité. Une conception aussi généraliste et schématique  déresponsabilise les décideurs et participe au totalitarisme, mais ce thème là est pour un post ultérieur. Souvenez-vous, Eichman n’avait fait qu’obéir aux ordres, c’était le système qui était responsable.

Et le contre-pouvoir aime aussi dire que la radicalité est le seul moyen pour changer le monde. Plus les alternatives paraissent extrêmes, plus elles seront efficaces et créeront un monde meilleur. Logique, si le néolibéralisme est un totalitarisme doux qu’il s’agit de dévoiler à tous ceux qui ont pris le pli néolibéral.

Or la radicalité est l’expression d’une critique d’un pouvoir dominant totalitaire, car présent partout. C’est donc l’expression d’un manque de canal politique : comment dire non à la mondialisation néo-libérale si prenante qu’elle n’a pas prévu de structure où on peut penser différemment et vivre différemment ? Nous voyons alors que la seule manière de contrer cela, c’est la loi du plus fort, en d’autres termes, la violence. Il n’y a pas de consensus possible, juste des confrontations. Ce qui fait qu’il arrive souvent que l’extrême gauche se retrouve souvent dans les mêmes rangs que l’extrême droite et les extrêmistes religieux (rappelez-vous les manifestations contre la guerre en Irak). Comme quoi, la gauche et la droite sont des distinctions bien éphémères.

C’est pour cela que je suis rentrée dans un parti politique qui encore plus prône l’équilibre entre les êtres humains et ce qui l’entoure. L’enjeu est tout de même de viser un pouvoir politique en phase avec la complexité du monde. Ce qui revient à « faire un bon usage de la peur »[1] : donner confiance plutôt que présenter des récits dramatiques du genre ‘tous islamophes’ ou ‘ils veulent tous nous voiler’. En d’autres termes encore, cela revient à dépasser la rhétorique et la logique de chasseurs que Z. Bauman souligne [2] , et d’accepter que les prises de décision peuvent être injustes et orientées par des rapports de force. Et d’ainsi jouer avec ces derniers, d’en accepter les règles du jeu pour les orienter vers la direction que nous voulons et rien d’autre.


[1] Benoit Lechat, p, 11, Ecologie, autonomie, solidarité : Accélérer la modernisation écologique dela Wallonie et de Bruxelles.

[2] p.97, Z. Bauman, « Les usages de la peur dans la mondialisation » in Esprit juillet 2005.

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