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Déjà un mois comme conseillère CPAS…

301511_4980729790611_1328813773_nVoilà que cela va faire un mois que je suis conseillère CPAS à Bruxelles-Ville. Et bien mes amis, quelle aventure. Pour la petite histoire, les  conseillers CPAS ne sont pas des élus directs. Ils le sont par le conseil communal. L’installation du CPAS de Bruxelles-Ville a eu lieu le 1er mars alors que nous avions été élus par le conseil communal du 14 janvier et que les élections communales dataient déjà d’octobre 2012.

Le CPAS de Bruxelles-Ville est reconnu comme atypique, fondamentalement, parce que la situation de cette commune est elle-même atypique : large territoire, population diversifiée, terre d’accueil de nombreux réfugiés ou illégaux par son statut de capitale etc. L’activité d’un conseiller d’opposition que je suis s’élève à un minimum de 3 réunions par semaine  pour arriver à des pointes de 7 réunions par semaine.  La plupart des réunions se font en journée car nous sommes amenés à traiter avec l’administration de dossiers individuels ou collectifs. Mais en quoi consiste ces réunions ?

Les stratégies et décisions politiques d’un CPAS se discutent au Conseil qui se réunit tous les mercredis matin, ce qui est déjà exceptionnel. Beaucoup de CPAS n’organisent un Conseil (composé du Président, de ses conseillers – majorité et opposition – et d’un représentant de l’administration) qu’une fois toutes les deux semaines. Et la charge de travail est tellement importante que 18 sous-comités ont été créés pour décharger le Conseil : un sous-comité des personnes agées, un autre sur les actions en milieux ouverts (AMO), un autre de gestion du Home Juliette Herman, un autre sur le bâti du CPAS (Travaux et Patrimoine) etc.

Ecolo-Groen Bruxelles-Ville avec son score de 12% a doublé sa représentativité au CPAS par rapport à 2006. Alors que le conseiller précédent (Marcel Rijdams – j’en profite pour le remercier de son boulot) était dans 4 comités, nous nous retrouvons chacun présent dans 9 sous-comités.

Alors que dire après un mois ?

Autant je connaissais bien le fonctionnement d’un conseil communal vu ma dernière fonction interne à la locale d’Ecolo Bruxelles-Ville, autant je suis tombée des nues au CPAS. Ce dernier fonctionne assez bien comme une boite noire : elle gère ses budgets et a une orientation politique peu concertées avec la Ville. Cette dernière intervient tout de même à 63.000.000 d’euros par an dans le budget. Vous me direz peanuts sur un budget de 279.000.000 d’euros. Le reste des sous viennent de divers subsides régionaux et fédéraux. Vous pensez bien qu’ un CPAS n’arrive pas vraiment à faire des bénéfices et ce n’est d’ailleurs pas tout à fait compatible avec sa mission telle que définie par la loi organique. Petit clin d’oeil au Service du linge, le seul département à  ne pas être en déficit.

Petit avantage de cette autonomie, c’est que l’ambiance est très différente entre les conseillers et c’est surtout marquant pour un conseiller d’opposition. Au conseil communal, un conseil d’opposition se doit de souligner les manquements et proposer des solutions, au CPAS aussi mais nous participons aux discussions qui précèdent les décisions. Nous sommes ainsi épargnés par les aspects théâtraux et politiciens de la Ville. Ambiance décontractée avec pourtant des tendances bien marquées.

Une question qui m’avait toujours hantée était de savoir pourquoi un parti comme le MR pouvait s’intéresser à l’action sociale ? Et à Bruxelles-Ville, la vice-présidence est au MR. Et bien, c’est simple, une institution toute sociale qu’elle soit se doit de respecter la valeur ultime qu’est l’argent. Le social, c’est bien tant que l’institution ne perd pas d’argent. Et par conséquent, ils sont prêts à mettre en place des procédures pour récupérer l’argent dû que ce soit par d’autres institutions mais aussi par les bénéficiaires du CPAS. Et c’est là que commencent les problèmes car un bénéficiaire de CPAS a par définition des limites financières.

Une autre chose qui m’a aussi frappée, hormis le fait que les conseillers CPAS sont plus à l’arrière plan que les conseillers communaux comme je l’ai dit plus haut, c’est la technicité des dossiers. Au conseil communal, il est possible de s’en sortir sans devoir potasser les lois, pas au CPAS. D’ailleurs le guide du conseiller CPAS n’est composé que de lois. Et même une conseillère d’opposition comme moi doit s’y atteler car tous les lundis, je dois approuver ou pas des demandes individuelles au Comité Spéciale d’Action Sociale.

Au CPAS, j’ai aussi surtout l’impression de toucher à la chair de la chose politique car les décisions que nous prenons ont un effet direct sur la vie des plus démunis et comme me le disait le Président du CPAS lors de l’installation du Conseil « ici, on touche à tout ». C’est presque vrai puisque en un mois j’ai dû potasser ma loi organique, le code du logement, les normes pour seniories, les aides à la jeunesse et la situation des centres de jour pour polyhandicapés, les dispositons pour les mineurs non accompagnés etc. Pourtant, il manque, en comparaison au conseil communal, tout ce qui touche à la mobilité et la propreté. Personnellement, les matières sociales sont tellement passionnantes qu’il y a moyen de s’y noyer et j’estime à 6 mois voire 1 an ma période d’adaptattion et d’appréhension de toutes les ficelles. Bref, encore une chance qu’il s’agisse d’un mandat de 6 ans 😉

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