Bruxelles à l’infini

Arrivée il y a maintenant un peu plus de 15 ans à Bruxelles par choix, cette ville m’a presque adoptée ou apprivoisée, c’est selon. Curieuse de découvrir ce que des photographes étrangers peuvent y voir pendant leur séjour, j’ai été voir l’exposition « Bruxelles à l’infini« . Un titre qui résonne comme un appel à rêver et flâner dans les impressions que laissent Bruxelles. Voir autre chose qu’une ville composée de parcs, de bâtiments de toute sorte, de routes et traversée par un canal encore mal exploité.

Cette collection de photographies a d’infini les regards que posent les artistes sur cette ville qui se révèle complexe à appréhender. Entre ces photos d’intérieurs typiquement bruxellois de maisons de rapport et ces vues de paysages où se mêlent la nature et la lumière artificielle, Bruxelles n’est pas juste une ville.

Je retiens personnellement plusieurs moments forts de cette exposition.

221595Pour commencer par la série faite dans le quartier européen, le quartier où j’habite depuis maintenant 10 ans. Ce quartier souvent considéré comme riche, un peu froid mais surtout défiguré par les autoroutes urbaines que sont la rue de la Loi et la rue Belliard. Les photos de Philippe Herbert racontent une toute autre histoire empreinte de nostalgie et de suspense : mais que va-t-il se passer avec ce gant laissé sur des dalles humides à l’arrière d’une silhouette d’homme qui avance ? Silhouette d’homme que nous retrouvons plus tard regardant ce quartier à partir du rond point Schuman. Ce n’est probablement pas le même homme. Mais dans les deux cas, ces silhouettes de dos nous donnent l’impression d’un quartier suspendu quasi irréel où la présence humaine est elle même onirique.

La deuxième série de photos qui m’a marquée est celle de Sébastien Cambouville qui met en scène des places, des camboulive-3coins de rue, des feux rouges avec des personnes qui se croisent et qui prennent des trajectoires différentes à un endroit précis, sans jamais se cogner, ni vraiment se voir et qui pourtant partagent le même espace au même moment. Une ville comme Bruxelles, c’est bien cela : des personnes fort différentes qui se frôlent souvent de manière éphémère. Et peut-être que celles-ci se croisent tous les jours et que chaque fois, dans le fourmillement de la ville, le contact reste malgré tout éphémère.

Enfin, Bruxelles, c’est surtout la question des identités multiples dans une ville multiculturelle, une ville où l’architecture est ce qui témoigne le mieux du temps qui passe. Andréas Weinand fait des portraits de supposés bruxellois en rue et nous donne à voir un très beau panaché de personnalités attachantes. Le catalogue de l’exposition le cite en p.116 : « mon intérêt premier pour le portrait, la figure humaine, les changements d’expression lors de l’échange avec l’autre, est profondément enraciné dans les expériences que j’ai vécues lors de ma résidence (…) J’appréciais beaucoup de me promener dans les rues de Bruxelles et de croiser les gens qui attiraient mon attention et ma sensibilité ». Bruxelles à l’infini, grâce à ceux qui l’habitent.

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