Que 2017 nous soit silencieux … du bonheur d’être ensemble !

En mettant à jour mon blog, je me suis étonnée de mon silence de plusieurs mois : pourquoi ce silence ? de quoi ce silence est-il le nom ?

Certains se taisent dans les repas de famille pour ne pas froisser les susceptibilités, respecter les convenances et remplir les attentes des uns et des autres.

D’autres pour observer et attendre tel un rapace le bon moment pour parler et agir.

Ou encore, pour ne pas faire d’ombre et faire briller ce qui les entoure.

Et tous ceux qui se taisent par loyauté par rapport à leur amis ou de crainte de perdre leur emploi.

Ou encore plus rien ne peut être dit après des traumatismes tels que le philosophe Adorno le décrivait : comment encore écrire de la poésie après les horreurs de la seconde guerre mondiale, la Shoah et la déshumanisation des camps de concentration ? Ou est-ce le silence des jeunes filles africaines violées ? De ceux qui ont vécu de loin ou de près les attentats terroristes ? Le silence des victimes en Syrie ou est-ce le silence de la couverture médiatique et politique ?

Ce manque de parole de ceux qui craignent les représailles dans leur pays dominé par des régimes liberticides : être une femme en Iran ou un homosexuel sous la Turquie d’Erdogan ?

Et pourquoi pas ce silence installé de ceux qui ne veulent pas perdre ce qu’ils ont ?

Qu’en est-il du silence mystique et pourtant si philosophique sur lequel Wittgenstein conclut dans son Tractatus logico-philosophicus : ce qui ne peut pas être dit, doit être tu. Tout ce qui dépasse la parole comme le divin ou autre forme de transcendance, l’infini, l’amour, la beauté ne doivent pas être réduits à la pauvreté des mots.

Le silence de la honte aussi. Etre honteuse d’être au XXième siècle dans un pays où le pouvoir fédéral pinaille sur le visa d’une famille syrienne. Est-ce la honte de ne pas avoir pu changer le cours des choses ou celle d’appartenir à un groupe qui fait du mal à d’autres qui sont dans le besoin ?

Le muets sont à leur manière silencieux car leur langage n’est pas celui des bruits et des sons articulés d’une langue. Et ceux qui ne parlent pas la bonne langue  au bon moment au bon endroit, se sentent-ils être réduits au silence ?

Le silence de ceux dont la parole est enlevée : de ceux qui parlent, qui crient, qui hurlent même mais dont les sonorités sont réduites à des bruits de fond ou dont le sens des paroles est transformé pour les faire disparaître.

Et puis, ceux à qui personne ne s’adresse, le sans-abri du coin que nous entendons dehors tousser à longueur de journée.

Ou cette femme qui dans sa culture ne peut parler que lorsqu’un homme lui donne la parole.

Ou encore, le silence des morts.

C’était le silence de ces dernier mois, en 2016. Ces silences, je ne les veux plus en moi ni autour de moi. Ou en tout cas, amoindris.

Et 2017 pointe ce soir le bout de son nez.

Et si celle-ci doit commencer dans le silence, qu’il soit celui de l’émotion similaire à celle du baiser en-dessous du gui.

C’est ce que je nous souhaite à tous : le silence du bonheur d’être ensemble et de l’être encore tout au long de l’année qui va suivre.

 

 

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