moi et #présidentielle2017 #2017ledébat #JLM #lepenmacron



J’ai rarement suivi les élections présidentielles françaises d’aussi près. Evidemment, l’ombre de l’extrême-droite et l’élection de D. Trump comme président des Etats-Unis avaient tout pour rendre la chose anxiogène (crédit photo. Libération).

Surtout pour quelqu’un comme moi qui après ma grosse déception face à mon ancien parti, a dû faire le deuil d’une vision que j’avais de faire de la politique pour s’engager ensuite plus que jamais dans une politique que je veux sincère et responsable.

Si tu ne t’occupes pas de la politique, elle s’occupera de toi

Par conséquent, ne pas croire en la politique ou en les hommes/femmes politiques et, l’abstention ne sont pas des options pour moi.

« Si tu ne t’occupes pas de la politique, la politique, elle, s’occupera de toi. Ce n’est pas un jeu où l’on peut crier : Pouce ! Je ne joue pas. Laisse moi tranquille. Il y aura toujours des gens qui décideront pour toi, qui se mêleront d’organiser ta vie pour toi.  » La politique expliquée aux enfants (et aux autres), D. Langlois

Il est toujours difficile de se faire une opinion sur un homme ou une femme politique surtout en période de campagne. Car au-delà des paroles, les actes parlent bien plus car fondamentalement la politique est d’abord une question de choix : choisir quelle société nous voulons pour nous et les autres.

Par conséquent l’incapacité de JL Mélenchon le soir du premier tour à mobiliser ses militants contre l’extrême-droite est la preuve qu’au-delà, du discours, ne subsiste plus que l’incapacité de faire des choix. Le choix entre le démon du néo-libéralisme ou du fascisme, selon ses termes. A mon sens, cette incapacité est irresponsable. Le silence n’était pas de mise. Et non pas dans le sens d’une consigne mais de la responsabilité qu’il a de sa parole en tant que personnage public. Des intellectuels et des artistes l’ont bien fait, alors pourquoi pas lui ?

Philosophie politique : H. Arendt

Mon oeil de philosophe politique n’a pas pu passer au côté des personnages que sont JL Mélenchon et E. Macron, tout les deux se targuant d’une formation en philosophie. L’un semblant être plus proche de C. Mouffe, l’autre de Ricoeur et même adoubé par J. Habermas.

Notre Platon adoré aurait adoré vivre cela, lui qui croyait au philosophe-roi.

Je ne suis pas folle dingue de l’hyper-personnalisation de la politique qui peut gommer le fond même de l’action politique mais 16,6 millions de personnes (dont moi, une bruxelloise vietnamo-flamande) qui suivent un débat entre M. Lepen et E. Macron, c’est tout de même une sacrée victoire de la démocratie.

Alors quant à dire que nous avons réussi à mettre en pratique l’idée d’espace public et politique de Hannah Arendt inspiré des grecs anciens. Pour cette dernière la politique est l’organisation de citoyens qui peuvent exercer ensemble la praxis (pratique) et la lexis (parole). Ce qui implique un espace commun pour que l’humanité puisse s’accomplir pleinement comme citoyen, c’est-à-dire, l’espace public (Q. Delavictoire, Retour sur les concepts de citoyenneté et d’espace public chez Hannah Arendt et Jürgen Habermas pour penser la continuité du politique de l’Antiquité à la Modernité)

Alors est-ce que ces téléspectateurs ou ces twitters invétérés qui ont été hyperactifs lors du débat Lepen-Macron ont-ils créé une esquisse d’espace public permettant la citoyenneté?

Pour avoir participé à cette expérience d’hyperconnection, je dirais que oui même si cet espace a quelque chose de terriblement éphémère. Le soir même et les jours qui suivent, j’étais en contact avec des personnes pour qui la chose politique est importante. Des personnes que je ne connais pas, que je ne rencontrerai peut-être jamais et avec qui je n’aurai peut-être jamais d’autres contacts.

Mais en ce qui me concerne, je me suis bel et bien sentie dans une communauté qui m’a apportée des nouvelles clefs d’analyse sur les enjeux de la présidentielle 2017.

Est-ce que je vais agir pour autant ? Affirmatif.

Pas difficile, pour quelqu’un qui est déjà engagée en politique me direz-vous. Et dans un autre sens, cette expérience a confirmé mon engagement : il n’est pas question que je laisse le monde dans lequel je vis et qui me survivra devenir effrayant, cruel et injuste. Il n’en est juste pas question. Je suis responsable de mes actes à mon échelle.

7 mai, second tour #Presidentielle2017

Demain soir, je serai probablement à la soirée électorale de E. Macron, embarquée un peu par hasard par une copine. Alors que la France est à la fois lointaine pour moi et des enjeux que je ressens en Belgique, mais à la fois si proche dans cet espace public d’où seul peut surgir le sens politique.

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