Habiter (autrement) dans un camping – Huldenberg

Pour un mois de mai, le temps est encore fort changeant : soleil généreux et averses timides. Nous avions rendez-vous au camping Huldenberg entre 12h et 12h30. Evidemment, malgré la petite carte dessinée à la main, nous avons eu du mal à nous repérer dans cette zone habitée de petites allées où certaines caravanes portent un numéro et d’autres pas.

Arrivés à destination, nous visitons les lieux. Comme une cabine sur un bateau qui ne peut pas être déplacée, ce lieu de vie à 15 km de la capitale nous projète dans un univers confiné d’un autre temps. Pas celui qui se remonte par nos souvenirs ou une machine qui nous viendrait d’une évolution technique hors du commun. Le temps de la vie et le temps d’habiter le lieu où nous sommes ici et maintenant. Seul et entouré. Mais plutôt seul.

Chacun et chacune y  a construit son univers. Comme résidence principale ou secondaire. Pour y abriter sa famille pendant les vacances. Pour se créer une « maison » de rêve à prix raisonnable. Pour fuir la ville. Pour en refaire une à petite échelle. Par choix ou par nécessité.  Mais plus par choix. Pour se sentir inscrit dans une nature encore bien présente.

Vieillir en paix. Se divertir. Rencontrer. Jardiner. Et juste habiter.

Chaque parcelle est équipée d’électricité et d’eau courante offrant le confort nécessaire et surtout l’espace de laisser libre cours à sa créativité. Fini les pièces « pensées » à l’avance pour un unique usage. Votre parcelle, même louée au châtelain du coin, vous « appartient ». Rien qu’à vous, dans votre intimité profonde.

Quelle tristesse alors, le remplacement des logements existants, sous le couvert de la bonne conscience sociale, de containers. Ceux-ci plus grands sont équipés et normalisés sans avoir pris en compte la diversité des réalités, ni le cours naturel du soleil. Comment oser mettre ces habitats alignés de la même façon, et pour certains, par conséquent, avec très peu de lumière du jour ou pas de fenêtre prévue sur la plus belle vue ?

L’expression parc à containers prend tout à fait son sens pour ce camping en mutation subissant de plein fouet la normalisation de l’habitat. Et probablement avec un contrat juteux pour le propriétaire du terrain jusqu’ici seulement affecté seulement aux loisirs. Par ces installations, il le transforme en zone quasi habitable et augmente considérablement la valeur de son terrain. Tout cela pour 300 euros de loyer par mois.

Imbattable me direz-vous, je ne sais pas. Un chose est sure c’est que la population va changer et que s’en est fini de ceux qui s’étaient construit leur maisonnette pour y vivre paisiblement leurs derniers jours ou accueillir leur famille. Ou de ceux qui voulaient juste vivre autrement. Un parc à container de personnes qui sauteront sur l’occasion pour payer un si petit loyer. Les pauvres de la ville. Un ghetto. Une mise au ban de ceux qui ont moins de moyens. Plutôt que de diminuer les loyers ou prévoir des aides. J’ai un malaise…

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